Correspondance inédite entre Simone Routier et Harry Bernard
Éditions David Guy Gaudreau, Micheline TremblayCollection : Voix retrouvées Genre : Roman policier, Essai Public cible : Tout public 206 pages Date de parution : Aug 2011 Code : DAV233 ISBN : 978-2-89597-174-0 Prix : 30 $
Cette correspondance, révélatrice de la personnalité, de la détermination et des multiples talents de Simone Routier, se déroule pendant quelques mois en 1928 alors que le sort réservé à son recueil de poésie L'Immortel adolescent reste encore incertain. Jolie célibataire en quête d'autonomie financière et de reconnaissance, Routier sollicite les conseils de Harry Bernard qui, guère plus âgé, est rédacteur en chef du Courrier de Saint-Hyacinthe et gagnant de deux prix littéraires, à l'époque fort lucratifs, les prix David. La poétesse de Québec cherche son appui et espère, à son tour, remporter un prix David, ce qui lui permettrait de réaliser son rêve de s'installer à Paris. Au fil de cette correspondance, se révèle une auteure consciente de son pouvoir de séduction et soucieuse de faire sa place dans la poésie canadiennefrançaise. On y trouvera un témoignage inédit sur les rapports homme-femme en train d'éclore dans le champ littéraire de l'époque.
Dans la foulée de leur travail sur Harry Bernard, Guy Gaudreau et Micheline Tremblay s'intéressent cette fois à la correspondance que l'auteur de L'ABC du petit naturaliste canadien a entretenue avec Simone Routier, alors jeune poétesse en quête de succès.
La force du travail d'édition de Guy Gaudreau et de Micheline Tremblay est de réussir à rassembler les lettres de Routier et de Bernard de manière à rendre le dialogue cohérent. À travers ces lettres se dessine un petit drame de mœurs assez passionnant. La femme de Bernard en vient à trouver inconvenant cet échange épistolaire (très prude, il faut le dire) et les deux correspondants doivent aussitôt cesser de s'écrire.
Cette banale histoire en vient à représenter un état d'esprit chez les conservateurs de l'époque où une femme célibataire et poète de surcroît ne peut être autre chose que menaçante.
Samuel Mercier, Lettres québécoises, printemps 2012, n° 145, p. 50