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4 mai 2020

David Groulx et Éric Charlebois : traduire la langue de l’autre

Auteur-Groulx+Charlebois

C’est à l’automne 2014, au Festival international de la poésie de Trois-Rivières, qu’Éric Charlebois, poète franco-ontarien de Hawkesbury, faisait la rencontre de David Groulx, poète autochtone du Nord de l’Ontario. C’était le début d’une belle collaboration qui mènera, en 2014, à la traduction du recueil Imagine Mercy de Groulx (Sans pitiéet, six ans plus tard, à la traduction de The Windigo Chronicles (Les carnets de Wendigo).  

Dans Sans pitié, David Groulx dénonce les difficultés de cohabitation entre Blancs et Autochtones, mais aussi l’aliénation, la division, l’appartenance, des sujets toujours d’actualité, marqués du sceau des préjugés, de l’oppression et de l’injustice. Ses poèmes parlent également de guerre et de paix, de protestation et de résistance, de regrets et d’espoir.  

Dans Les carnets de WendigoGroulx revisite la figure mythique du Wendigo, un être surnaturel présent dans la spiritualité du peuple algonquin en Amérique du Nord. D’après la légende, les humains cupides ou faibles se transformeraient en cette créature cannibale, assoiffée de sang. Aux côtés de ce personnage, qui prend une dimension coloniale, se tisse un récit dans lequel s’entremêlent diverses figures de la mythologie autochtone, des thèmes récurrents dans l’œuvre du poète. 

Encore aujourd’hui, la plupart des auteurs autochtones qui écrivent en français habitent surtout au Québec. On note quelques rares exceptions, comme David Bouchard, auteur jeunesse métis de renom de l’Ouest canadien. C’est toujours dans cette optique que les Éditions David publient ce printemps une seconde traduction d’un recueil de David Groulx, répondant ainsi au besoin de « dire » les réalités et le quotidien des Premières Nations.

Les Wendigos ont entendu chanter 
et ont commencé à frémir 
le Wendigo en chef, leur chef même 
a dit aux Indiens 
« Pourquoi n’arrêtez-vous pas tout ce vacarme 
personne ne peut vous entendre 
ça perturbe notre repos 
pourquoi n’acceptez-vous pas tout simplement votre destin 
tous vos braves hommes ont quitté ce monde 
nous les avons dévorés 
avons écrasé leurs os avec nos mâchoires 
et leur sang nous avons bu et encore 
ne sommes-nous pas même repus » 

Les carnets de Wendigo, en librairie depuis le 24 mars 2020 ! 
Feuilletez les premières pages du recueil !