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29 janvier 2020

Farida, de Monia Mazigh

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Victime du patriarcat qui régissait la société tunisienne au siècle dernier, Farida va toutefois résister au rôle qu’on lui assigne, en devenant un exemple de résistance dans cette culture arabo-musulmane qui nie le pouvoir des femmes. Forcée par son père de se marier à un cousin dépravé, elle va petit à petit conquérir son indépendance après avoir mis au monde un garçon, Taoufiq, puis élevé sa petite-fille, Leila, qu’elle veut forte et déterminée.

À travers son histoire, mais aussi celles de sa cousine Fatma et de sa belle-fille Jouda, on peut suivre cette lente affirmation des femmes, qui n’a pas été très souvent dépeinte, mais qui explique pourtant comment la domination des hommes a profondément évolué au cours des quatre-vingts dernières années.

Après Du pain et du jasmin, qui nous transportait au cœur de la Révolution arabe, Monia Mazigh rend ici hommage à une génération entière de femmes qui ont marqué l’histoire récente de la société tunisienne et qui nous forcent à revoir nos vieux clichés sur l’ignorance, l’oppression ou la soumission des femmes arabo-musulmanes.

Née en Tunisie, Monia Mazigh immigre au Canada en 1991 et vit à Ottawa. En 2008, elle publie, chez Boréal, Les larmes emprisonnées, qui relate le combat qu’elle a mené pendant plus d’un an pour libérer son époux, Maher Arar, déporté en Syrie. Depuis, elle milite pour différents organismes défendant les droits de la personne. Farida est son troisième roman.

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