Blogue

9 septembre 2019

Jean Boisjoli : de Saint-Boniface à Ottawa, en passant par Vézelay, en Bourgogne

Auteur-Boisjoli

En 2016, Jean Boisjoli publiait un premier roman, La mesure du temps (Prise de parole), pour lequel il remportait, la même année, le prestigieux prix littéraire Trillium. Quelques années plus tard, l’auteur franco-manitobain récidive avec un deuxième roman coup de poing, à mi-chemin entre le thriller et le roman psychologique. Moi, Sam. Elle, Janis (David) est un roman aux teintes camusiennes, dans lequel l’auteur se fait l’écho d’une jeunesse écorchée qui se sent larguée par une société à la dérive.

Avant de se consacrer à sa carrière d’auteur, Jean Boisjoli a été professeur, journaliste à la SRC et à la CBC, puis avocat. Il s’est aussi engagé dans le domaine de la coopération internationale, en plus d’avoir été conseiller supérieur de deux ministres fédéraux. À l’été 2018, Jean s’est rendu en France pour profiter d’une résidence d’écriture d’une durée de deux mois, à Vézelay, dans la région de la Bourgogne, à la Maison Jules Roy. C’est là qu’il a terminé l’écriture de son deuxième roman.

Janis, une jeune femme, est retrouvée morte dans un bois près d’Ottawa. Sam, qui partageait un appartement avec Janis, est accusé du meurtre. Son avocate ayant plaidé l’aliénation mentale, il doit se confier au psychiatre assigné par le tribunal. Remontant à son enfance difficile passée dans un sous-sol miteux de Vanier, à son séjour dans un refuge de la Basse-Ville d’Ottawa, puis à son adoption par un couple de la Côte-de-Sable, il nous raconte son histoire. Son parcours, longtemps habité par la mort, a été profondément marqué par sa rencontre avec Janis, issue d’une commune hippie du Manitoba, qui traîne également un passé difficile. Avec Janis, Sam reprend espoir, malgré tous les défis qu’il rencontrera au quotidien. Du moins, avant ce dénouement absurde que lui-même ne parvient pas à comprendre…

Afin de mieux cerner l’impact des traumatismes sur les comportements humains, pour que son roman soit le plus crédible possible, Jean s’est inspiré des travaux du neuropsychiatre Boris Cyrulnik et du médecin Gabor Maté. Dans les deux cas, les spécialistes révèlent que les traumatismes, qui laissent des traces, voire des lésions sur le cerveau, peuvent grandement affecter le développement de personnes. Entre Sam et Janis, une relation intense, mais toxique, se formera. La vie de Sam finira par basculer, le jour où Janis sera assassinée…

J’ai longtemps pensé que les astres étaient parfaitement alignés. Doc, j’y ai vraiment cru. De tout mon cœur. Je me suis lancé corps et âme dans cette relation, comme un maudit fou, des fois comme un déchaîné ivre de mes illusions. Janis aussi voulait y croire, à l’amour parfait, mais elle était plus réticente. C’était un mirage pour elle. Moi, je poussais vite, elle, elle se hâtait lentement. Elle était plus prudente, la Janis. Moins tête folle que moi en amour. Doc, tu te tapotes les lèvres avec ton stylo.

Moi, Sam. Elle, Janis, en librairie depuis le 20 août 2019 !

Feuilletez les premières pages du roman !

Pour creuser davantage le sujet, lisez le texte consacré au roman et à son auteur, sur le site Web du Regroupement des éditeurs franco-canadiens (REFC).

Vous pouvez aussi visionner en ligne l’entrevue que l’auteur a accordée à Kevin Sweet, au Téléjournal Ottawa-Gatineau.