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5 février 2018

Portrait de trois jeunes chercheurs

Auteur-Chercheurs

En 2015, trois jeunes doctorants organisent un atelier conjointement avec l’Association des professeur.e.s de français des universités et collèges canadiens (l’APFUCC) et l’Association des littératures canadiennes et québécoises (l’ALCQ) dans le cadre du Congrès des sciences humaines du Canada à l’Université d’Ottawa. Ils lancent alors un appel aux étudiants et aux chercheurs qui seraient intéressés par ce colloque et reçoivent par la suite plusieurs marques d’intérêt.

Après la tenue de ce colloque, les trois doctorants décident de rassembler les réflexions qui en sont issues et de pousser la réflexion plus loin dans un ouvrage collectif sur la relation entre l’espace et le temps. L’espace-temps dans les littératures périphériques du Canada, dirigé par Ariane Brun del Re, Isabelle Kirouac Massicotte et Mathieu Simard, est alors le fruit d’un processus de sélection d’articles issus de la participation d’étudiants et de chercheurs au colloque.

Les recherches dans le cadre des études postsecondaires de ces trois chercheurs montrent un vif intérêt de leur part pour les littératures périphériques de la francophonie canadienne.

Ariane Brun del Re, pendant ses études en littérature à l’Université McGill, écrit sa thèse de maîtrise sur la représentation de l’espace dans les littératures franco-ontarienne et acadienne, soit sur les villes d’Ottawa et de Moncton comme capitales littéraires de l’Ontario français et de l’Acadie. Elle est aujourd’hui doctorante au Département de français de l’Université d’Ottawa. Ses recherches portent sur l’inclusion et l’exclusion des lecteurs en littérature franco-canadienne. Depuis 2011, elle a fait paraître une dizaine d’articles savants et une vingtaine de critiques littéraires.

Isabelle Kirouac Massicotte, dans le cadre de sa thèse de doctorat en lettres françaises à l’Université d’Ottawa intitulée : « Des mines littéraires : étude chronotopique de l’imaginaire minier dans les littératures abitibienne et franco-ontarienne », a étudié le chronotope minier dans les littératures abitibienne et franco-ontarienne. La participation d’Isabelle à l’élaboration de ce livre était l’occasion de poursuivre sa réflexion sur l’espace-temps dans d’autres contextes périphériques, notamment la littérature acadienne.

Mathieu Simard, pour sa part, est doctorant en lettres françaises à l’Université d’Ottawa.  Il a obtenu une maîtrise en langue et littérature françaises de l’Université McGill. Dans sa thèse de maîtrise, il a étudié la question du multilinguisme dans l’œuvre du poète franco-ontarien Patrice Desbiens. Ses activités de recherche actuelles portent sur la représentation des genres littéraires (poésie, roman et théâtre) dans la culture contemporaine. On peut lire ses travaux dans les revues Continents manuscrits, Fabula-LhT@nalyses et Temps zéro de même que dans plusieurs ouvrages collectifs.

Dès le début de l’ouvrage collectif, on perçoit une réelle volonté d’expliquer le rôle de l’espace-temps dans les littératures francophones du Canada, qu’elles soient minoritaires (par exemple, les littératures franco-ontarienne et acadienne) ou marginales (par exemple, les littératures lesbienne et autochtone). L’essai fournit alors au lecteur  une grille de lecture l’amenant ainsi à mieux saisir la place et le rôle de l’espace-temps dans les littératures périphériques au Canada.

À travers les analyses d’œuvres considérées comme périphériques, les auteurs montrent le rôle que possède l’espace-temps dans de nombreuses littératures canadiennes considérées comme marginales. C’est avec l’étude de différents textes que plusieurs chercheurs comme Sophie Beaulé, Ariane Brun del Re, Tara Collington, Julien Defraeye, Isabelle Kirouac Massicotte, Zishad Lak, Élise Lepage, Mariève Maréchale, Martine Noël, François Paré et Mathieu Simmard montrent à travers l’écriture de leurs articles la place centrale que joue le chronotope représentant ainsi de diverses façons le temps et l’espace. Des œuvres connues telles que Racines de neige d’Andrée Christensen, Le Chien de Jean Marc Dalpé ou Faux-fuyants d’Éric Charlebois sont ainsi étudiées et permettent de mettre en lumière l’utilisation de l’espace-temps dans la littérature.

L’espace est alors étudié que ce soit la ville, la campagne, la banlieue, la forêt, le Nord, tout en étant lié au temps. C’est par cette interdépendance entre l’espace et le temps que les auteurs de cet ouvrage réalisent leurs études au sein d’œuvres franco-canadiennes, spatialement minoritaires, mais aussi sur des œuvres répondant à des pratiques plutôt marginales.

En librairie depuis le 18 janvier 2018

Le lancement du collectif aura lieu le mardi 27 février prochain, à Ottawa. Cliquez ici pour plus de renseignements.