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1 septembre 2017

Jocelyne Mallet-Parent, sur la piste de jeunes Occidentaux radicalisés

Auteur-JMallet-Parent

     Stationnée en face du métro, une femme l’attend. Au volant d’une voiture bleu gris. Il arrive juste à temps, quelques secondes à peine avant le carnage. L’explosion lui brise les tympans.

     L’homme ferme les yeux, respire à fond, cherche désespérément sa salive. Il pose enfin la main sur la poignée et s’engouffre dans la voiture.

C’est par un attentat terroriste dans le métro de Montréal que commence Basculer dans l’enfer, un thriller de Jocelyne Mallet-Parent mettant en scène des adolescents qui se sont radicalisés, au grand désespoir de leur famille. Dès le début du roman, Élise, la fille d’Ariane, une mère de famille ordinaire, est soupçonnée d’avoir participé à cet acte de terreur à Montréal.

Une série de questions défile alors dans la tête d’Ariane : qu’est-ce qui a bien pu pousser sa fille à faire une guerre qui n’est pas la sienne ? Pourquoi se laisser embrigader au point de risquer, voire de donner, sa vie pour une cause telle que le djihad? Ce sont les mêmes questions qui traversent l’esprit de Fatima et d’Oleya, deux mères de famille dont les fils, Tariq et Jamil, se sont aussi laissés happer dans l’engrenage du terrorisme. Toutes se demandent ce qu’elles ont bien pu faire pour que leur enfant choisisse ce destin monstrueux.

En écrivant ce roman, Jocelyne Mallet-Parent a voulu faire un effort ultime afin de comprendre l’incompréhensible, tout en tentant de répondre à mille et une questions qui l’interpellaient en relation avec la radicalisation (dont les raisons qui poussent l’État Islamique à agir de façon aussi brutale). Elle a aussi cherché à comprendre le point de vue de l’autre, en se mettant à la place de ces mères dont l’enfant s’est radicalisé et qui cherchent en vain à saisir « le comment du pourquoi ».

Un roman qui s’adresse à un large public et dont le sujet, on ne peut plus d’actualité, a demandé des heures de recherches à son auteure. Elle a notamment lu sur l’histoire du terrorisme dans le monde, les raisons et motivations du groupe armé État Islamique, mais aussi sur l’Islam, la langue et le peuple arabe. C’est avec étonnement qu’elle a appris que la grande majorité des personnes qui se radicalisent ont moins de 25 ans.

D’origine acadienne, Jocelyne Mallet-Parent habite aujourd’hui en Gaspésie. Diplômée en éducation et en littérature, c’est dans le milieu de l’éducation qu’elle a longtemps évolué. Tour à tour, elle a été enseignante, directrice de polyvalente, directrice générale de commissions scolaires, sous-ministre adjointe au ministère de l’Éducation du Nouveau-Brunswick, puis correspondante nationale pour un organisme de la Francophonie internationale. Elle espère que ce roman aura notamment une résonnance chez les jeunes adultes et qu’il saura ouvrir l’esprit de plusieurs.

Lauréate du Prix France Acadie 2007 pour son roman Sous le même soleil (Éditions de la Francophonie, 2006), elle est l’auteure de plusieurs livres, dont les romans Dans la tourmente afghane (David, 2009) et Celle qui reste (David, 2011). Son roman pour adolescents, Le silence de la Restigouche, en plus d’avoir remporté le Prix du Salon des mots de la Matapédia 2015, figurait sur la liste des Incontournables de Radio-Canada en 2016.

Pour écouter l’entrevue que Jocelyne Mallet-Parent a accordée à Raymond Desmarteau de Radio-Canada International, c’est ici. Vous pouvez aussi lire la critique de Fabien Deglise parue dans le journal Le Devoir.