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19 mai 2017

Traduire la douleur et l’espoir autochtones

Autochtones-mai2017

Ce printemps, les Éditions David publient deux ouvrages, parus originalement en anglais, écrits par deux auteurs autochtones du nord de l’Ontario : Le legs d’Eva (Legacy), un roman de Waubgeshig Rice, traduit par Marie-Jo Gonny, et Sans pitié (Imagine Mercy), un recueil de poésie de David Groulx, traduit par Éric Charlebois.

S’il existe aujourd’hui des auteurs autochtones qui écrivent en français, c’est surtout au Québec qu’on les trouve. Très peu d’auteurs autochtones ailleurs au Canada écrivent et publient en français, employant plutôt l’anglais ou une langue autochtone. Parmi de rares exceptions, David Bouchard, l’auteur métis sans doute le plus renommé au Canada, publie surtout des livres jeunesse aux Éditions des Plaines sur la réconciliation, la culture et la tradition autochtones. Traduire les textes d’auteurs autochtones du Canada répond donc au besoin de « dire » les réalités et le quotidien des Premières Nations (par exemple, les traditions et la culture des peuples autochtones, la vie dans les réserves, l’histoire des écoles résidentielles).

C’est dans cette optique que les Éditions David publient ce printemps la première traduction d’un roman, Le legs d’Eva de Waubgeshig Rice, un auteur anishinaabe originaire de la réserve de Wasauksing, aux abords de la Baie Georgienne. Le livre raconte l’histoire d’Eva Gibson, une jeune étudiante autochtone battue à mort lors d’une soirée dans un bar à Toronto. Puis celle de ses frères et de sa sœur qui devront vivre avec cette perte et faire honneur en quelque sorte au legs qu’elle leur laisse. Cette histoire qui évoque celle de milliers de femmes autochtones assassinées ou portées disparues au Canada, témoigne de la dure réalité qui heurte certaines communautés autochtones, de la violence et de la détresse qui en résultent, mais aussi de cette parcelle d’espoir qui reste là, malgré tout.

Paraît également ce printemps, une autre traduction, cette fois-ci d’un recueil de poésie, Sans pitié de David Groulx. Ce projet est le fruit d’une rencontre entre le poète autochtone d’Elliot Lake et le poète franco-ontarien Éric Charlebois, au Festival international de la poésie de Trois-Rivières en 2014. Poète majeur de la scène anglo-canadienne, Groulx dénonce, dans son recueil, les difficultés de cohabitation entre Blancs et Autochtones, mais aussi l’aliénation, la division, l’appartenance, des sujets toujours d’actualité, marqués du sceau des préjugés, de l’oppression et de l’injustice. Les poèmes parlent également de guerre et de paix, de protestation et de résistance, de regrets, et là aussi d’espoir.

Deux titres à surveiller ce printemps !

Le legs d’Eva de Waubgeshig Rice, en librairie depuis le 17 mai 2017 !
Sans pitié de David Groulx, en librairie depuis le 7 juin 2017