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3 juin 2016

Gaston Tremblay : aux origines de la littérature franco-ontarienne

Auteur-Tremblay

D’abord draveur, pileur de planches, puis mineur, c’est dans ses expériences que puise Gaston Tremblay pour écrire ses premiers recueils de poésie.  Sa carrière d’écrivain prend son envol au début des années 1970, au sein de la Coopérative des Artistes du Nouvel-Ontario. En font également partie plusieurs artistes aux multiples talents tels que Robert Paquette, Pierre Bélanger et André Paiement. Tous ont le même désir : créer une culture et une littérature propres aux réalités des francophones de l’Ontario.

C’est dans ce mouvement que verra le jour le Grand Cano, groupe dont il est beaucoup question dans l’essai Prendre la parole : le journal de bord du grand CANO (Nordir, 1996) de Gaston Tremblay. Sont par la suite créés, dans la foulée, le Théâtre du Nouvel-Ontario (1971), la Nuit sur l’étang et les Éditions Prise de parole (1973).

Grâce aux conseils de Fernand Dorais, professeur de littérature, puis à la suite d’une rencontre à Montréal avec le poète Gaston Miron, Gaston Tremblay et ses amis travaillent à la publication d’un premier recueil, une œuvre collective, Lignes Signes, publiée le 10 mai 1973. Cette première publication marque la création des Éditions Prise de parole, dont Tremblay assurera la direction pendant plusieurs années. Aujourd’hui poète, romancier et essayiste avec à son actif une dizaine de publications, il mène parallèlement une charge de professeur agrégé à l’Université Queen’s de Kingston.

Établi dans la métropole montréalaise depuis 1988, Gaston Tremblay obtient, en 1991, un diplôme d’étude supérieure spécialisée en gestion d’organismes culturels (DESGOC) aux Hautes Études commerciales de Montréal, puis, en 1999, une maîtrise en création littéraire à l’UQÀM. En 2005, il défend une thèse de doctorat intitulée La littérature du vacuum, une étude de l’institution littéraire en Ontario français.

Son essai, La littérature du vacuum. Genèse de la littérature franco-ontarienne (David, 2016), largement inspiré de sa thèse doctorale, nous plonge dans l’effervescence culturelle et artistique de l’Ontario français, période pendant laquelle la littérature franco-ontarienne voit le jour. C’est à la fois comme acteur, créateur et chercheur que Gaston Tremblay pose un regard sur cette littérature, dont nous ne pouvons, d’après lui, retracer les origines au-delà de sa naissance.

Complétant la typologie institutionnelle de François Paré, qui oppose les petites aux grandes littératures, Gaston Tremblay propose ici une troisième catégorie, les littératures du vacuum, lesquelles existent dans un vide social, là où certains champs du pouvoir sont atrophiés, voire inexistants.

Dans la mouvance de la Révolution tranquille du Québec, la «Révolution sereine» dans le Nord de l’Ontario s’inscrit dans la modernité et, pour les jeunes de la Coopérative des artistes du Nouvel-Ontario, dans la contre-culture nord-américaine. […] Sereins, [les Franco-Ontariens] se consacrent à une révolution culturelle régionale qui s’inscrit dans l’action plutôt que dans une révolution politique d’envergure nationale.

Feuilletez l’essai La littérature du vacuum.